Des sources aux vallées, l’eau au cœur du territoire d'Aubrac
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Carte d'identité du projet
- Format d'atelier :
- Session nationale
- Année :
- 2018
- Territoire bénéficiaire :
- Aubrac
Informations complémentaires :
Caractéristiques du projet :
- Maîtrise d’ouvrage :
- Agence de l’eau Adour Garonne, DDT de la Lozère
- Assistance à maîtrise d’ouvrage :
- CAUDEX, Ville Ouverte, Burgeap, Blézat Consulting
- Partenaires :
- Élus et acteurs du territoire
Le territoire
Situé en tête des bassins versants du Bès et de la Truyère, le Nord-Ouest de la Lozère s’étend jusqu’à leur confluence avec le Lot à Entraygues-sur-Truyère (Aveyron). Ce territoire, majoritairement situé à plus de 1 000 mètres d’altitude, se distingue par une démographie dynamique depuis 1999, portée par l’influence de l’autoroute A75 et le rayonnement du Cantal voisin (notamment l’intercommunalité de Saint-Flour).
Organisé autour de Saint-Chély-d’Apcher comme ville centre, il repose aussi sur un réseau de bourgs secondaires essentiels à son équilibre. L’élevage bovin, activité agricole dominante, y joue un rôle économique majeur, bien que le nombre d’exploitations soit en déclin. Marqué par deux grands paysages : l’Aubrac et l’Ouest des Monts de la Margeride et traversé par le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ce territoire allie un patrimoine naturel et bâti remarquable à une forte attractivité touristique.
Les enjeux de l’atelier
En tête de bassin, ces territoires concentrent des défis spécifiques : les petits chevelus hydrauliques, particulièrement sensibles aux pressions humaines (notamment agricoles), nécessitent une attention particulière. L’hydromorphologie y est un enjeu clé, avec la lutte contre la rectification des cours d’eau, la préservation des zones humides et tourbières, et la protection d’espèces emblématiques comme l’écrevisse à pattes blanches ou la moule perlière. Ces milieux, déjà fragilisés par le changement climatique, sont aussi marqués par des enjeux quantitatifs : sur des sols peu profonds (socle granitique de la Margeride, basalte de l’Aubrac), les tensions sur la ressource s’accentuent en période d’étiage, comme à Saint-Chély-d’Apcher, où la présence d’ArcelorMittal ajoute des conflits d’usage.
Face à ces défis, l’objectif est de construire une gouvernance partagée, en s’appuyant sur deux axes majeurs : l’adaptation au changement climatique et la préservation de la biodiversité. Ce territoire, à la croisée de plusieurs dynamiques (l’intercommunalité de Saint-Flour dans le Cantal, le Parc Naturel Régional de l’Aubrac, ou encore l’influence croissante de l’A75), doit ainsi inventer une vision commune pour concilier protection des milieux et développement durable.
Carnet de restitution du site lauréat
Lancement de l'atelier de Bès-Truyère 2050
Les 29 et 30 mars, les ateliers ont capitalisé sur l’élan donné lors du séminaire de lancement. Les élus, très impliqués, ont participé à la visite en bus de leur territoire, qu’ils ont présenté partageant ses spécificités avec les participants.
La diversité des paysages traversés et la variété des publics rencontrés ont enrichi les échanges, offrant une vision nuancée du territoire. Le deuxième jour, l’atelier a permis de présenter les premières pistes de réflexion de l’équipe, ouvrant la discussion sur quatre grands enjeux liés à l’eau. Ces échanges sans filtre entre élus, État et Agence de l’eau ont révélé un constat unanime : la nécessité de s’unir autour d’un projet commun pour la préservation et la gouvernance de l’eau d’ici 2050.
Pour y parvenir, il faudra dépasser les préoccupations locales et quotidiennes et s’organiser autour d’une vision claire et cohérente, seule façon d’être entendus et soutenus. Ce qui peut sembler une évidence cache en réalité un travail exigeant de construction et de concertation, partant de sujets concrets pour aboutir à une stratégie partagée à grande échelle. Les discussions ont aussi souligné l’urgence de comprendre les nouveaux enjeux de la gouvernance de l’eau, notamment en vue de la prise de compétence "Grand cycle de l’eau" (GEMAPI). Face à la "crise de l’eau", une réponse solidaire et ambitieuse s’impose, réunissant communes rurales et villes, industriels comme ArcelorMittal et éleveurs de Margeride ou de l’Aubrac.