L'exposition itinérante sur la sobriété foncière

Lancée en 2024, l'exposition sur la sobriété foncière donne à voir des solutions sur mesure pour adapter les territoires aux conséquences des changements écologiques.
Son ambition : accompagner les acteurs locaux dans la mise en œuvre de la sobriété foncière et de la transition écologique sur leur territoire.

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©DGALN Présentation de l'exposition à la maison de l'architecture d'Île-de-France

Des solutions sur mesure pour s'adapter à la rareté des ressources et bien vivre dans nos territoires

Et si nous pensions la sobriété foncière comme un vecteur bien-vivre au sein des territoires ? L’exposition sur la sobriété foncière, commanditée par les ministères en charge de l’Aménagement et de la Transition écologique a été pensée pour aider les territoires à réinventer collectivement de nouvelles manières d’habiter. En fédérant les élus, les habitants et les acteurs de la fabrique de la ville au travers de témoignages et d’exemples inspirants conciliant le bien-vivre et la préservation de nos sols et de la biodiversité, nous sommes invités à imaginer des manières d’habiter qui concilient frugalité et désirabilité. 

Cette exposition est une incitation à concevoir autrement et ensemble nos façons d'aménager, de construire et de partager les espaces. Elle propose des clefs de lecture sur des opérations de toutes échelles, situées dans des contextes variés, montrant que les solutions sont forcément spécifiques, et non génériques. Ce sont des inspirations pour modifier nos manières d'agir afin d'améliorer la qualité de vie, le confort collectif et domestique des citoyens.

Patrick Henry, Commissaire de l'exposition, architecte et professeur à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville

Une articulation structurée en 3 axes

À travers des photos, des textes et des vidéos, les visiteurs découvrent des réalisations concrètes issues des territoires qui concilient sobriété foncière, amélioration du cadre de vie et désirabilité. Le parcours de l'exposition se déroule ainsi :

  1. Une mise en perspective historique des formes urbaines donnant à voir en quoi les villes et les villages sont des palimpsestes qui ont été profondément redéfinis par l’accélération de l’étalement urbain sur la période récente.
  2. Une approche de l’aménagement par les sols montrant que le sol est une ressource vivante et fragile qu’il faut protéger et réaffirmer dans la fabrique de la ville, l’acte d’aménager et la territorialisation des objectifs de sobriété foncière.
  3. Les leviers à actionner à partir des controverses des différentes parties prenantes (élus, professionnels, citoyens) et leur dépassement via des pistes de solutions désirables – recyclage de l’existant, optimisation de la densité, restauration de la nature, cohésion sociale et territoriale.
©Ministères Ecologie Territoires

Transcription de la vidéo : L'exposition sur la sobriété foncière à la Maison de l'Architecture d'Île-de-France

Pourquoi lutter contre l'étalement urbain ?

D'abord on prend sur les terres agricoles, on prend sur les espaces naturels, c'est de l'artificialisation des sols. L'artificialisation des sols, ça veut dire de l'eau qui s'écoule moins, ça veut dire une atteinte à la biodiversité, ça veut dire une atteinte au potentiel économique parce qu'une majorité des ressources viennent de la terre encore aujourd'hui. Notre activité économique dépend pour une large part des ressources du sol et c'est pour ça que c'est important de comprendre que lutter contre l'étalement urbain, lutter pour la sobriété foncière, c'est participer à l'économie et au bien-être des habitants et du pays dans son ensemble.

Et cette exposition, elle a l'intérêt de vraiment montrer une diversité de possibilités qui font que le territoire va pouvoir entrer dans un chemin de sobriété intéressant. Donc on a souhaité composer l'exposition en trois parties.

Une première partie qui revient sur l'histoire des territoires et de leur situation finalement, comment on en est arrivé là. On retrace l'histoire des villes, on rappelle que les villes, ce sont des fabrications qui se sont faites sur le temps, ce sont des palimpsestes, c'est-à-dire des écritures sur l'écriture, qu'on a des traces dans les villes constituées des constitutions antérieures et puis que la révolution industrielle, la Seconde Guerre mondiale et ses bouleversements, les Trente Glorieuse et puis l'arrivée massive de l'habitat individuel en lotissement a bouleversé l'histoire des villes pour fabriquer ce qu'on appelle aujourd'hui l'étalement urbain. Donc il nous paraissait nécessaire de revenir sur cette période pour illustrer la période qui nous intéresse. Ça, c'est l'objet de la première partie, qui montre aussi des imaginaires, parce que ce qui est important aussi dans cette exposition, c'est de montrer et de donner à voir des nouveaux imaginaires pour construire les territoires de demain, les villes et villages de demain.

Cette expo, pour nous, c'est une solution qui permet aux élus, finalement en peu de temps, de balayer ce sujet de la ville, des territoires, de la sobriété foncière, de l'économie des ressources, en ayant finalement un tour d'horizon assez agréable avec, dans l'expo, du texte, des visuels, des expériences, des cas concrets.

La seconde partie de l'exposition, elle concerne les sols à proprement dit, les fonctions des sols, c'est-à-dire : qu'est-ce que les sols nous apportent en termes de biodiversité, de régulation du climat, de mémoire aussi. C'est un patrimoine culturel. Des échantillons pour donner à voir aussi la variété et la diversité des sols. Nos sols ne sont pas des espaces neutres, c'est un réel patrimoine, un patrimoine qui est au cœur de l'histoire humaine, et ça tenait à cœur des maisons d'architecture de la raconter et de les prendre en considération. Et puis rappeler aussi des choses assez simples au travers d'exemples qui émaillent l'ensemble de l'exposition, que les matériaux de construction sont souvent issus des sites dans lesquels ils sont implantés. Donc on a mis quelques matériaux de construction pour rappeler cette proximité et ce cousinage, finalement, entre l'architecture et les matériaux du territoire.

La troisième partie de l'exposition, dans laquelle nous sommes, est plus une illustration d'un certain nombre d'outils et de méthodes au travers de projets plus ou moins récents à toutes les échelles, de l'échelle de la parcelle à l'échelle de la planification stratégique, qui va montrer un ensemble d'exemples qui sont des inspirations pour l'aménagement du territoire. Montrer concrètement à quoi ça ressemble, la ville résiliente, la ville plus durable, celle que l'on doit construire pour 2050. Qu'est-ce que ça donne concrètement, au-delà des discours, au-delà des peurs, qu'est-ce que c'est ?

Le projet qu'on a à côté, qui est un projet qui est réalisé à Espelette, est un projet qui est extrêmement intéressant pour deux raisons. La première, c'est qu'il s'agit d'une réhabilitation d'une ancienne ferme pour y créer cinq logements dans un petit village d’Espelette. On est donc au sud-ouest de Biarritz. Je pense que c'est un modèle extrêmement riche. En France, il faut savoir qu'il y a à peu près 10 000 fermes qui sont abandonnées chaque année. Donc on voit que c'est un levier extrêmement puissant quand on veut réfléchir à la question de la redensification, l'utilisation même des bâtiments existants pour éviter de consommer du foncier agricole ou du foncier naturel.

Pour réussir la sobriété foncière, on est nécessairement obligé d'adopter des solutions sur mesure, en fonction des spécificités des territoires, et mobiliser tous les acteurs nécessaires pour réaliser cela.

Cette exposition, ce qui est très intéressant, c'est qu'à la fois elle nous permet de comprendre les enjeux, mais également de nous montrer des solutions qui sont positives et qui permettent aussi que le lien social soit renforcé et qu'on travaille plus avec les enjeux autour de la nature.

Alors on est ici autour de la maquette qui conclut l'exposition et qui est conçue comme une table autour de laquelle on peut se tenir et qui, pour l'objet, quand l'exposition se déplacera dans les territoires, deviendra un lieu de discussion, un espace de débat autour d'une représentation, finalement, d'un morceau de territoire français, une petite ville, une ville moyenne, dans laquelle on a un certain nombre d'espaces qu’on pourrait venir compléter. Et par un jeu assez simple de volumes, on peut, par exemple, poser la question de comment accueillir de nouvelles familles, soit en venant continuer des lotissements déjà existants, soit au contraire en venant surélever des bâtiments existants pour accueillir de nouveaux habitants. On peut aussi imaginer, par exemple, transformer l'espace central de la petite ville avec un nouveau square qui permet d'amener un îlot de fraîcheur au cœur de la structure urbaine ou aussi aménager un nouveau square devant des bâtiments collectifs.

L'idée, c'est évidemment pas de faire un projet, ce serait un peu prétentieux de le penser, mais en tout cas, ça permet de tester un certain nombre d'hypothèses et de tester un certain nombre de façons d'accueillir de nouveaux programmes à l'intérieur de villes et de villages, et puis de débattre avec les élus sur des cas de figure qu'ils auront eux-mêmes rencontrés dans leur ville et d'essayer avec eux de trouver des solutions.

Une exposition en itinérance dans toute la France

L'exposition a pour vocation de permettre des discussions et des débats au sein des territoires, tout en offrant une caisse de résonance nationale à des exemples inspirants. Depuis son lancement en septembre 2025, elle est itinérante dans plusieurs régions de France métropolitaine. Construite collectivement, elle s'enrichit au fur et à mesure de son itinérance et des territoires qui s'en imprègnent.

Visualisez la carte de l'itinérance de l'exposition

Dans ce format, l'exposition comprend 80 panneaux, quelques objets (blocs de roche, des carottages de sols), des écrans avec des témoignages d’acteurs inspirants, des ouvrages à consulter ainsi qu’une maquette en trois dimensions. Sa présentation permet de prolonger les débats et d’échanger avec les acteurs locaux autour des grands enjeux de la sobriété foncière pour les territoires.

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©Ministères Ecologie Territoires Lancement de la première exposition à la Maison de l'architecture, 2024

Prochaines étapes de l'exposition itinérante

  • Clermont-Ferrand, du 19 janvier au 13 février
  • Lyon, du 16 février au 27 mars
  • Rouen, du 5 au 29 mai

Une version légère et réplicable mise à disposition des élus et des professionnels

Une version légère de l'exposition est mise à disposition de toute institution ou collectivité. Elle comprend environ 50 panneaux souples qui reprennent le contenu de l’exposition. Elle est complétée d’une version en ligne exhaustive.

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©DGALN Présentation de la version réplicable lors de la rencontre du réseau national des aménageurs, 2025

Vous êtes élu ou acteur de la fabrique de la ville ?

Conçue pour être itinérante et réplicable, l’accueil de l'exposition sur votre territoire vous permet de fédérer les élus, les habitants et les acteurs de la fabrique de la ville autour de témoignages inspirants.

Le formulaire ci-dessous vous permet de :

  • Recevoir un exemplaire de la version légère de l'exposition, prêté par votre référent local en services déconcentrés ;
  • Demander l'exposition au format imprimable, sous réserve de respecter des conditions d'impression et d'accueil ;

Accéder au formulaire

L'exposition dans sa version numérique, accessible en un clic

Cette version permet de s'approprier l'ensemble du contenu et de compléter les solutions en mettant en avant des exemples inspirants issus des territoires.

Découvrir la version numérique de l'exposition 

Un travail collectif

  • Le Conseil National de l'Ordre des Architextes (CNOA)
  • La Fédération Nationale d'Agences d'Urbanisme (FNAU)
  • La Fédération Nationale des conseils d'architecture, de l'urbanisme et de l'environnement (FNCAUE)
  • Le Réseau des Maisons de l'Architecture (RMA)
  • Le groupement d'Intérêt public l'Europe des projets architecturaux et urbains (GIP EPAU)
  • Le Plan Urbanisme Construction Aménagement (PUCA)
  • L'ADEME
  • Le CEREMA
  • La Cité de l'architecture et du patrimoine (CAPA)

Pour enrichir le contenu de l'exposition, chaque lieu accueillant l'exposition ajoute un propos spécifique au territoire concerné, comme une mise en valeur de démonstrateurs locaux ou d'acteurs inspirants, et ce, à partir de retours d'expériences de terrain. Voici une liste exhaustive des exemples territoriaux présentés dans l’exposition comme des solutions inspirantes :

  • Forcalquier (04) – Création d’un Écoquartier participatif à l’échelle locale
  • Volonne (04) – Création d’un Écoquartier en milieu rural
  • Lavelanet (09) – Renaturation d’un cours d’eau
  • Lavelanet (09) – Renaturation d’un cours d’eau
  • Aurillac (15) - Réhabilitation d’une ancienne gendarmerie par Simon Teyssou
  • Saintes (17) - Réactiver un cœur d’ilot dégradé en s’appuyant sur la valorisation du «déjà-là»
  • La Rochelle (17) - Aménagement du littoral pour prendre en compte le risque inondation et submersion
  • Cristinacce (2A) – Réhabilitation d’un bâtiment à partir de matériaux locaux en Corse
  • Val de Reuil (27) – Opération de densification douce d’un lotissement pavillonnaire par Philippe Madec
  • Auch (32) – Réhabilitation d’un Couvent de la Convention par un collectif d’habitants
  • Bordeaux (33) – Réhabilitation d’un grand ensemble par Lacaton et Vassal
  • Bègles (33) – Réhabilitation d’une friche en un Écoquartier
  • Rennes (35) – Réhabilitation de l’Hôtel Pasteur via une permanence Architecturale et des expérimentations
  • Chédigny (37) – Fleurissement d’un village au bénéfice de ses espaces publics et habitants
  • Blois (41) - Permanence architecturale menée par le POLAU
  • Saint Nazaire (44) - Surélévation de l’immeuble Le Gaurandais
  • Cahors (46) - Réhabilitation du centre-ville et végétalisation
  • Valognes (50) - Reconversion d’un ancien site en un lieu de béguinage adapté aux seniors
  • Arras (62) – Renaturation d’une friche en une Cité Fertile
  • Saint-Omer (62) - Requalification urbaine bioclimatique d’une friche et d’une halle
  • Boulogne-sur-Mer (62) - Réhabilitation de pavillons
  • Espelette (64) – Réhabilitation privilégiant le logement accessible en BRS
  • Pesmes (70) - Développer le village sans l’étendre. Travail sur l’enveloppe urbaine pour optimiser les usages et permettre d’atténuer l’impact de la construction
  • Ronchamp (70) - Requalification de la friche de La Filature en un Écoquartier
  • Paris (75) - Dispositif Rues aux écoles
  • Massy (91) – Réhabilitation d’une ancienne friche Air France
  • Saint-Pierre (974) – Écoquartier de La Ravine Blanche à Saint-Pierre à La Réunion

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