Atelier du centre littoral de Guyane, l'eau au cœur du développement

Emplacement Cayenne, Matoury, Rémire-Montjoly, Guyane

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Carte d'identité du projet

Format d'atelier :
Session nationale
Année :
2018
Territoire bénéficiaire :
Guyane

Informations complémentaires :

Caractéristiques du projet :

Maîtrise d’ouvrage :
La DEAL, l’Office de l’eau et l’AUDeG
Assistance à maîtrise d’ouvrage :
Interland mandataire (Architecte- Urbaniste), Urbanwater (Urbanisme et Paysage- Hydraulique), Contrepoint (Sociologie urbaine)
Partenaires :
Action pour une Qualité Urbaine et Architecturale Amazonienne (AQUAA), Club des Villes guyanaises durables, Graine (réseau régional d’éducation à l’environnement), Comité de l’eau et de la Biodiversité

Le territoire

Représentant 5% du territoire Guyanais, la Communauté d’Agglomération du Centre Littoral (CACL) comporte 3 communes urbaines (Cayenne, Matoury, Rémire-Montjoly) et 3 communes rurales et périurbaines (Macouria, Roura, Montsinéry-Tonnégrande). Elle rassemble près de 132 000 habitants, soit la moitié de la population départementale. Touchée par une forte pluviométrie arrosant son territoire, elle est caractérisée par la densité de son réseau hydrographique et une large interface littorale. L’eau y façonne des paysages contrastés créant une identité territoriale de qualité. Néanmoins, si l’eau a longtemps constitué l’unique vecteur d’implantation humaine et de transport sur un territoire densément végétalisé, elle revêt aussi un caractère culturellement anxiogène puisque potentiellement réservoir de biodiversité et vecteur de maladies. Les surfaces imperméabilisées se développent avec une urbanisation plus ou moins maîtrisée, dans l’idée d’éloigner l’eau des zones de vie. Or, sur un territoire majoritairement soumis aux risques naturels, ce phénomène aggrave les conséquences des inondations, de l’érosion du trait de côte et des mouvements de terrain et menace les continuités écologiques ainsi que la qualité de vie.

Les enjeux de l’atelier

L’amplitude des phénomènes hydrologiques locaux couplée au doublement attendu de la population d’ici 2030 rend indispensable l’adaptation des formes d’anthropisation. Il s’agit d’imaginer une ville résiliente, assurant le maintien d’habitats naturels uniques en cherchant une qualité urbaine dans l’ajustement de l’offre de logements, des services. Si le patrimoine hydraulique doit être protégé, il possède aussi un fort potentiel en termes d’usages. Ainsi, l’aménagement du réseau pourra servir de support à des déplacements doux et à un transport fluvio-maritime désengorgeant et concurrençant les routes. Au sein même des centres villes, la gestion des eaux est l’occasion de requalifier les espaces publics, en encourageant la sociabilité. L’atelier permet en outre d’encourager l’économie fluvio-maritime. Au-delà de la dimension touristique, il convoque l’aspect commercial par le développement des ports et la préservation de l’activité agricole. La démarche propose donc de « faire projet » autour d’un élément anxiogène mais structurant. Ce changement de paradigme pourra servir à des opérations corolaires, notamment les secteurs concernés par l’OIN.

Carnet de restitution du site lauréat

Lancement de l'atelier guyanais

Le séminaire de lancement du 30 janvier a réuni plus de 70 personnes, élus et techniciens de la CACL, associations, agents des services et établissements publics (AFB, AFD, EPFAG, etc.), représentants du monde associatif, de la recherche, et des acteurs privés.

Sur un territoire où l’eau est omniprésente, où les enjeux qui lui sont liés sont extrêmement marqués en raison de la densité du réseau hydrographique, naturel, anthropique et de l’importance des zones humides et du littoral, comment construire la ville durable équatoriale en réhabilitant l’élément aquatique et en réconciliant acteurs et habitants avec ce dernier ?

Outre la présentation détaillée de la méthode Atelier des territoires, de l’équipe pluridisciplinaire et de l’exemple de l’atelier de l’Île de la Réunion (session 2014-2015), ce séminaire fut également l’occasion d’aborder, en guise d’introduction, trois thématiques (stratégie d’actions eau et aménagement de la CACL, l’eau élément du paysage, l’eau à travers l’histoire).

Lors du Forum Mondial de l’Eau à Brasília (18-23 mars 2018), trois membres de l’équipe guyanaise de la 11ᵉ session de l’Atelier des Territoires (Comité de l’Eau et de la Biodiversité, Communauté d’Agglomération du Centre Littoral, Office de l’Eau de Guyane) ont présenté les enjeux guyanais en matière de gestion de l’eau et d’adaptation au changement climatique à l’échelle du plateau des Guyanes.

Face à des défis majeurs pollution minière, événements climatiques extrêmes, conflits d’usage ils ont souligné l’urgence d’une réflexion collective pour concilier aménagement du territoire, protection des ressources naturelles et valorisation des écosystèmes. L’Office de l’Eau de Guyane (OEG) a mis en avant :

  • L’importance du partage des expériences et des données,
  • Les avancées françaises et les spécificités locales,
  • La création de l’Observatoire Régional de l’Eau, visant à fédérer tous les acteurs guyanais,
  • Une proposition d’extension de ce travail aux bassins versants transfrontaliers.

Le Comité de l’Eau et de la Biodiversité (CEB) a insisté sur l’implication des acteurs privés et des citoyens dans la gestion concertée des bassins. Soutenue par le Partenariat Français pour l’Eau (PFE), le Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB) et l’Office International de l’Eau, cette intervention a permis à la Guyane de :

  • Faire entendre ses besoins et son expertise,
  • Amorcer des partenariats avec les pays voisins (Suriname, Amapá brésilien),
  • Renforcer la coopération pour la connaissance et la gestion des ressources en eau transfrontalières.