Parcours « Nature en ville »
Accompagner les collectivités pour intégrer la nature dans les projets et les territoires.
Des rues plus fraîches, des espaces publics plus agréables, une biodiversité préservée : la nature en ville apporte des bénéfices concrets aux territoires et à leurs habitants. Découvrez les étapes clés pour agir à l’échelle de votre territoire.
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Nature en Ville : rendre nos villes plus vivantes
La nature en ville est une nécessité pour faire face aux défis climatiques, préserver la biodiversité et répondre aux attentes croissantes des citoyens sur la qualité de leur cadre de vie. C’est un levier essentiel pour des territoires plus résilients, attractifs et agréables à vivre. Réduction des îlots de chaleur, amélioration de la qualité de l’air, gestion des eaux pluviales, santé et bien-être des citoyens : la nature apporte des bénéfices concrets et durables pour les villes.
Les élus ont un rôle clé à jouer pour intégrer ces enjeux dans leurs politiques locales et mobiliser les citoyens et les acteurs locaux dans cette transition. Pour les accompagner, ce parcours propose une démarche structurée en 5 étapes, de la sensibilisation à la gestion durable des projets réalisés. Il met à disposition des ressources, outils, méthodes et retours d’expérience pour aider chaque territoire à construire une stratégie adaptée à ses enjeux et à passer à l’action.
Un projet de nature en ville s’inscrit dans une dynamique d’amélioration continue. Les espaces évoluent avec le climat, la biodiversité et les usages des habitants : leur gestion nécessite un suivi régulier, des ajustements, qui peuvent s’anticiper dès la conception. Ce parcours accompagne les collectivités dans cette démarche progressive et évolutive, afin de faire de la nature en ville un levier durable de résilience et de qualité de vie pour les générations futures.
Le Parcours Nature en Ville s’inscrit dans un contexte réglementaire renforcé par le Règlement européen pour la restauration de la nature adopté en 2024, qui fixe des objectifs de maintien et de développement des espaces de nature dans les territoires urbains. En France, 4 211 communes denses ou de densité intermédiaire sont concernées par ces obligations.
Les 5 étapes du parcours
La sensibilisation à la nature en ville permet de poser les bases d’une démarche collective en créant une culture partagée autour des enjeux de biodiversité, de préservation et de restauration de la nature.
Elle vise à engager une prise de conscience des bénéfices de la nature en ville, tant pour l’environnement que pour les habitants. Il s’agit de montrer, avec des exemples concrets, comment les espaces naturels urbains contribuent à adapter les villes au changement climatique (en luttant contre les îlots de chaleur ou le ruissellement), mais aussi d’illustrer leurs co-bénéfices : dans une ville, la nature :
- améliore la santé physique et mentale des habitants ;
- dépollue l’eau, l’air et les sols ;
- offre un lieu privilégié de loisirs et de lien social ;
- contribue à la qualité paysagère, à l’identité et l’attractivité du territoire.
Cette étape est décisive pour la réussite de votre projet : en sensibilisant avec pédagogie, en se formant, en allant sur le terrain s’inspirer de retours d’expérience, les collectivités préparent le terrain pour des actions concrètes de renaturation.
Le diagnostic du territoire permet de mieux connaître la biodiversité, les espaces naturels et les continuités écologiques présents dans la commune, afin d’identifier les atouts, les points de vigilance et les possibilités d’action. Il permet également d'identifier les données socio-urbaines tels que les îlots de chaleur urbain.
Cette phase s’appuie sur des données locales, des outils cartographiques et des retours d’expérience. Elle aide la collectivité à définir des priorités adaptées à son contexte : végétalisation, préservation des sols, renaturation, adaptation au changement climatique ou amélioration du cadre de vie.
L’Atlas de la biodiversité communale (ABC) porté par l’OFB constitue un outil de référence pour réaliser ce diagnostic. Il permet de mieux connaître la biodiversité locale, de mobiliser les acteurs du territoire et d’alimenter les futurs documents de planification, notamment les démarches liées à la Trame verte et bleue.
Cette étape prépare les choix d’aménagement et facilite l’intégration de la nature dans les projets et les documents d’urbanisme. Elle peut également être l’occasion de mobiliser les habitants, les associations et les acteurs locaux autour d’une vision partagée du territoire et de ses enjeux.
Planifier et élaborer une stratégie constitue le socle de l’engagement des collectivités pour un urbanisme durable intégrant systématiquement la préservation et la restauration de la biodiversité, à différentes échelles. Les documents de planification permettent de réglementer et encadrer la préservation et la remise en bon état des continuités écologiques, la renaturation, le maintien de sols vivants en milieu urbain, mais également de prévoir des actions pour lutter contre les îlots de chaleur urbains et améliorer la qualité du cadre de vie et des paysages du quotidien.
Á l’échelle régionale, le Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) – ou ses équivalents dans les régions d’Ile de France, de Corse et d’outre-mer – définit des objectifs stratégiques de protection et de restauration de la biodiversité et identifient les trames vertes et bleues (TVB).
Aux échelles intercommunale et communale, le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) peut définir des zones préférentielles pour la renaturation et le Plans local d’urbanisme communal ou intercommunal (PLU(i)) assure la transcription des trames écologiques locales à travers les Orientations d’aménagement et de programmation (OAP). Les PLU(i) peuvent également intégrer des OAP spécifiquement dédiées à des secteurs à renaturer ainsi que des coefficients de pleine terre et les coefficients de biotope. Le PLUi peut enfin identifier des Espaces boisés classés et des éléments de paysage à protéger pour soumettre les coupes d'arbres à autorisation.
En intégrant la nature dès la conception des politiques publiques, la collectivité renforce la cohérence et l’efficacité de ses actions et anticipe les besoins futurs en matière de renaturation, de gestion de l’eau ou d’adaptation climatique. Cette étape prépare la mise en œuvre opérationnelle des projets.
Cette étape vise à traduire de manière opérationnelle les ambitions de la collectivité en matière de protection de l’environnement et d’insertion dans le paysage. La programmation traduit les objectifs de la maitrise d’ouvrage au moyen des 4 éléments suivants :
- état des lieux ;
- diagnostic ;
- orientations d’aménagement ;
- enveloppe financière du projet.
Ces étapes doivent également laisser une place à l’expérimentation. La qualité de cette étape repose sur une gouvernance partagée, fédérant les acteurs (élus, services techniques bureaux d’études, entreprises, secteur associatif, citoyens) tout au long du projet, jusqu’à sa gestion.
La phase de conception vise à tirer parti des caractéristiques du site (sols, eau, végétation, topographie ou climat) afin de développer des solutions adaptées et durables. Les projets peuvent intégrer des actions de désimperméabilisation, de gestion intégrée des eaux pluviales, de préservation des arbres existants ou de création d’habitats favorables à la biodiversité. Pour répondre aux enjeux, la conception s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire (urbanistes, paysagistes, écologues, hydrologues, pédologues, sociologues, etc.)
La phase chantier doit également limiter les impacts environnementaux (bruits, déchets), en préservant les arbres, les sols et la faune locale et en favorisant le réemploi des matériaux.
En anticipant les conditions de gestion future, cette étape garantit la pérennité des aménagements réalisés. Elle prépare enfin la phase de suivi et d’entretien des espaces dans la durée.
Composé à partir du vivant, un espace de nature, une fois en place, continue à évoluer pour atteindre ses pleines capacités. La gestion et le suivi du projet de nature en ville vise à assurer la pérennité de la qualité écologique et d’usage des espaces de nature en ville.
L’étape de réception des travaux est cruciale pour garantir une reprise du lieu et une gestion des espaces cohérentes avec sa conception et son contexte (palette végétale utilisée, qualité des sols, modalités de gestion et usages prévus, aléas climatiques, etc.). Le concepteur peut à nouveau être sollicité à ce stade pour maintenir le dialogue avec la maitrise d’ouvrage et les gestionnaires. Conjugué à des formations à la gestion différenciée et écologique, ce dialogue permettra d’assurer la montée en compétences des parties prenantes pour passer d’une approche ciblée sur l’entretien des espaces verts à une gestion écologique des espaces publics paysagers.
Le suivi et l’évaluation du projet à une fréquence adaptée permet son amélioration en continu. L’animation du site accompagne cette évolution par la sensibilisation, la mobilisation des sciences participatives, la culture et la valorisation des bénéfices que la collectivité en tire. Intégrer la nature au quotidien dans les espaces urbains, c'est l'intégrer dans le fonctionnement de la ville et renforcer les liens entre les habitants et vivant.