Sécuriser l'urbanisme littoral face au recul du trait de côte : décryptage du décret sur l'obligation de consignation financière

Modifié le 13 mai 2026

Publié le 11 mai 2026

Entré en vigueur le 16 avril 2026, le décret n°2026-275 précise les modalités de consignation financière pour les constructions en zones exposées à l’érosion côtière. Ce texte offre aux communes concernées un outil concret pour anticiper les risques financiers liés aux conséquences du changement climatique.

  • Adaptation au changement climatique

  • Littoral

  • Risques

  • Foncier

  • Citoyens

  • Élus

  • Collectivités

  • Commune

  • Autres

Partager la page

Maisons surplombant la mer à Bonifacio, Corse
© Balate Dorin, IStock, Maisons surplombant la mer à Bonifacio, Corse

Un mécanisme innovant pour anticiper les risques littoraux

Pour faire face au recul du trait de côte, qui menace plus de 20 % du littoral français, la loi Climat et Résilience (2021) a introduit un dispositif inédit : l’obligation de consignation financière pour les constructions nouvelles situées dans des zones exposées à un recul du trait de côte d’ici 30 à 100 ans

Le décret du 15 avril 2026 en précise les modalités, offrant aux collectivités concernées : 

Modalités pratiques de l'obligation de consignation en cas d'exposition au recul du trait de côte

Les collectivités visées sont celles listées en application de l’article L. 321-15 du code de l’environnement déjà identifiées par l’État comme exposées au recul du trait de côte. Deux scénarios :

  • la commune dispose d’un Plan de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) intégrant le recul du trait de côte : elle applique directement les règles du PPRL.
  • la commune ne dispose pas d’un PPRL intégrant le recul du trait de côte : elle doit alors élaborer une carte locale d’exposition précisant les zones à risque et l’intégrer à son document d’urbanisme.

Le porteur de projet consigne une somme auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). La somme doit être accompagnée de l’arrêté d’autorisation d’urbanisme, des références cadastrales de la parcelle, de la déclaration de consignation remplie, et de tout document justifiant la qualité de bénéficiaire de l’autorisation.

La consignation concerne tous les projets soumis à permis de construire, permis d’aménager ou déclaration préalable, situés dans les zones cartographiées. 

Le montant est calculé via une formule définie par arrêté ministériel, prenant en compte :

  • la taille du projet et le type de bâtiment ;
  • les matériaux utilisés et le type de fondations ;
  • les caractéristiques du terrain ;
  • la localisation précise.

La somme est déconsignée par tranches lors des étapes clés :

  • Ouverture du chantier de démolition (33%) ;
  • Achèvement des travaux de démolition intérieure (33%) ;
  • Remise en état complète du terrain (34%).

Les intérêts générés par la consignation sont également restitués.

Prochaines étapes clés pour les collectivités : 

  1. Vérifiez si votre commune est concernée par le dispositif ;
  2. Élaborer ou mettre à jour votre carte locale d’exposition si vous ne disposez pas d’un PPRL ;
  3. Informer vos services urbanisme et les porteurs de projets sur les nouvelles règles.

Je vérifie dès maintenant si ma commune est concernée

Dernières actualités

Exemples inspirants