Grand Prix de l'urbanisme 2025, Sabine Barles
Révéler des dimensions inexplorées de la transition urbaine
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Des entrailles urbaines au métabolisme territorial
Sabine Barles modélise la ville comme un organisme vivant, en intégrant histoire et sciences. Elle met en avant des indicateurs originaux (comme les mètres cubes d’eau ou les kilojoules) pour repenser l’urbanisme, et souligne l’importance de valoriser des ressources souvent négligées, invisibilisées. Ces derniers pourraient devenir des leviers pour une ville durable, à condition d’adopter une approche circulaire pour leur collecte, leur traitement et leur réutilisation.
Ses recherches ont inspiré de nombreuses politiques publiques. Elles ont notamment conduit le Schéma directeur régional d’Île-de-France 2025 à fixer de nouveaux objectifs : limiter les apports d’azote et de phosphore dans les systèmes d’assainissement, et encourager la collecte sélective des excrétas humains. Ses analyses sur le partage de l’eau en amont de Paris ont également contribué à la décision du Conseil de Paris de maintenir et d’optimiser le réseau d’eau non potable. À l’échelle du bassin de la Seine, ses travaux montrent qu’il est possible de concevoir un système alimentaire à la fois neutre en carbone et accessible à tous. Les travaux partenariaux du Piren-Seine ont permis, depuis plus de trente ans, de mieux comprendre le fonctionnement socio-écologique du bassin. Conduits avec en particulier le soutien de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, ils ont servi d’appui aux politiques publiques de reconquête du fleuve, tant par la biodiversité que par les habitants qui peuvent à nouveau s’y baigner.
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| Rendre visible l'invisible retrace les travaux et le parcours de Sabine Barles. A travers ses recherches et collaborations, elle montre comment les métropoles peuvent être assimilées à des organismes vivants, dont l’équilibre dépend de la gestion des ressources cachées. L'ouvrage reprends les axes principaux de ses recherches visant à :
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Les temps forts de la cérémonie
Le métabolisme urbain par Sabine Barles
Table ronde avec Sabine Barles et ses invités : Nicolas Delon, architecte co-fondateur d'Encore Heureux; Agnès Bastin, maitresse de conférence au Lab'URBA; Aurélie Héraut, directrice de projet aménagement à la Fab, Bordeaux et Sylvain Grisot, présentateur de la cérémonie
Table ronde avec Sabine Barles et ses invités : Julie Ginesty, responsable ville durable, Paris et Métropole Aménagement; Paul Jean-Baptiste Bahers, chargé de recherche CNRS, ESO, Nantes; Linda Abbas, responsable du programme d'études partenarial, Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis
Biographie
Professeure à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’unité mixte de recherche Géographies-Cities, Sabine Barles a formé plusieurs générations d’urbanistes et de chercheurs. Ses travaux de recherche interdisciplinaires interrogent la matérialité des villes et leurs interrelations comme interdépendances avec leurs territoires et milieux. Elle assure la coordination de programmes de recherches, notamment au sein de la Fédération de Recherche Île-de-France en Environnement, participe et coordonne plusieurs projets de recherche nationaux et internationaux. Elle prend part à de nombreux conseils scientifiques, comme le GREC – Groupement Régional d’Expert pour le Climat Ile-de-France.
Les nominées au Grand Prix de l'urbanisme 2025 : Gwenaëlle d’Aboville, Emmanuelle Cosse et Chris Younès
Gwenaëlle d’Aboville, urbaniste et architecte, est directrice depuis 2005 de l’agence Ville Ouverte. Elle y exerce la concertation, le projet urbain participatif, la programmation urbaine et architecturale. Elle est lauréate du Palmarès des jeunes urbanistes 2016. Maitresse de conférences associée à l’école d’architecture Paris Est et enseigne successivement dans plusieurs formations d’architectes et d’uranistes. En parallèle, elle dirige et contribue à la rédaction de nombreuses publications dont « Réparer et construire la ville. Pour un renouvellement de l’offre en logement » (2024), d’articles de revues spécialisées et signe plusieurs tribunes comme « Le zéro artificialisation nette est indispensable aux territoires ruraux ».
Emmanuelle Cosse est présidente de l’Union sociale pour l’habitat depuis 2020. Son engagement associatif militant la porte au tournant des années 2000 à la présidence d’Act Up-Paris puis à une carrière de journaliste. En 2010, elle est élue vice-présidente de la région Île-de-France, chargée du logement, de l’action foncière et de la rénovation urbaine. Elle y défend la création d’opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national et élabore le schéma régional de l’habitat et de l’hébergement. Ministre du logement et de l’habitat durable entre 2016 et 2017, elle œuvre notamment pour soutenir la reprise de la construction de logements libres et sociaux et lance la réglementation environnementale E+C-. Elle est l’un des auteurs de la loi « Égalité et Citoyenneté », portant notamment sur la mixité et les discriminations sociales.
Chris Younès, philosophe et psychosociologue, est professeure à l’École Spéciale d’Architecture. Son parcours universitaire est jalonné en 1975 par un doctorat en philosophie sur « L’idée de phénoménologie d’après Hegel et Husserl » l’orientant vers des recherches interdisciplinaires à l’EHESS sur « l’appropriation de l’habitat en centre-ville » jusqu’à une Habilitation à diriger des recherches « L’art des lieux et l’habiter » à l’université Lyon III au tournant des années 2000. Ses travaux de recherche développent une interface synergique entre philosophie, architecture et urbain, au prisme des milieux de vie et des lieux d’habiter. Son activité d’enseignement croise, sur plusieurs décennies, les lieux (Beyrouth, Clermont-Ferrand, Paris) et les disciplines (science et techniques, ingénierie, architecture), inspirant plusieurs générations de praticiens en fusionnant Nature et Culture.