Ateliers 2016-2018 : Mieux vivre ensemble dans le périurbain

Découvrez une démarche nationale pour valoriser les territoires périurbains et renforcer leur vivre-ensemble.

  • Citoyens

  • Élus

  • Professionnels

  • Commune

  • Ville

Partager la page

© Transversal Arpentage de l'Atelier de Corrèze

Les principaux objectifs et défis de la session

A la suite des Assises des Ruralités qui se sont tenues à l’automne 2014, le ministère en charge de l’urbanisme a décidé d’engager une vaste réflexion sur l’avenir des territoires ruraux et périurbains en y associant élus, chercheurs, services de l’État ainsi qu’en prenant appui sur une écoute approfondie des habitants. L’intention a été d’aborder le périurbain de manière ouverte sans l’assimiler à l’étalement ou un moteur d’artificialisation des sols qu’il s’agirait d’emblée de stopper. D’où une approche par le « mieux-vivre ensemble » qui permet de considérer les questions de cohésion territoriale, d’urbanisme et de qualité du cadre de vie. 

La participation citoyenne de l'atelier

Cette 9ème session invite les sites à expérimenter l’élaboration et le partage de leurs travaux à des publics non-initiés (acteurs du territoire au sens large, y compris habitants). Cette démarche exploratoire vise à intégrer les expertises d’usage aux réflexions stratégiques de territoire.

La dimension participative incite à développer une compréhension partagée du territoire grâce à l’intégration d’éléments de diagnostic sensible. Le projet de territoire s’appuiera sur les initiatives citoyennes collectives, déjà à l’œuvre sur les territoires, ou celles en train d’émerger. 
Au-delà de la production de connaissances et d’une réflexion commune sur le futur souhaitable du territoire, l’installation d’une dynamique participative, est gage de la durabilité du portage des actions. Il s’agira donc de préparer la mise en mouvement des acteurs locaux pour la déclinaison en actions de la stratégie énoncée collectivement.

Les sites lauréats

  • La métropole caennaise, Calvados (14), Région Normandie
  • La Communauté de Communes de la région de Nozay, Loire-Atlantique (44), Région Pays de la Loire
  • Communauté de Communes Bassée-Montois, Seine-et-Marne (77), Région Île-de-France
  • Agglomération Troyenne, Aube (10), Région Grand Est
  • Pays de Tulle / Aires urbaines de Brive-la-Gaillarde et de Tulle, Corrèze (19), Région Nouvelle-Aquitaine

Les territoires accompagnés

La communauté de Communes de la Région de Nozay

La Communauté de Communes de la Région de Nozay, située entre Nantes et Rennes (Loire-Atlantique), est un territoire rural de 15 219 habitants marqué par une forte identité agricole (95 % d’espaces naturels ou agricoles). Bien que le plus petit des Ateliers périurbains, il subit l’attractivité de Nantes, entraînant une urbanisation rapide le long des axes routiers et une transformation des pratiques agricoles. Ce territoire, tiraillé entre ruralité et pression urbaine, doit aujourd’hui anticiper son développement pour éviter de devenir un espace hybride et déséquilibré. La Communauté de Communes de la Région de Nozay est une « campagne urbaine » qui doit aujourd’hui faire face à plusieurs enjeux pour anticiper et accompagner les mutations sociales, socio-logiques, économiques mais également urbanistiques, environnementales et paysagères en cours. Les axes de réflexion sont les suivants :

  • La mise en valeur une identité affirmée et assumée
  • La détermination d'un positionnement dans un contexte institutionnel et socio-économique en mutation
  • L'élaboration d’une stratégie d’aménagement et de développement urbain cohérente
L’Atelier en Corrèze

Au Nord avec le massif des Monédières, au Sud avec la vallée de la Corrèze en direction des gorges de la Dordogne, le « pays » de Tulle offre une palette de paysages variés où l’activité agricole est omniprésente avec l’élevage bovin de race limousine. Au-delà de cette image préservée, le Pays de Tulle n’en est pas moins soumis à des transformations économiques et sociales qui questionnent son organisation territoriale et impliquent une mise en projet adaptée aux enjeux de ce territoire de la « France périphérique » : les bourgs et les petites villes sont en cours de dévitalisation alors même que des espaces périurbains se développent. La population décroît alors que la consommation foncière reste significative au profit, le plus souvent, de projets de faible valeur ajoutée. Les enjeux développés au cours de l'atelier sont :

  • Structurer des SCoT dynamiques pour des intercommunalités capables d’agir sur leur développement
  • Unir les acteurs autour d’une vision commune des centralités, en intégrant les bailleurs sociaux pour requalifier les centres-bourgs
  • Équilibrer l’offre (commerces, logements, services) entre villes, polarités et bourgs
  • Créer une boîte à outils intégrée pour articuler les politiques publiques de manière globale
  • Combiner avec agilité planification (SCoT, PLU, etc.) et projets opérationnels, en renouvelant les méthodes de gouvernance

En savoir plus sur l'atelier

La métropole caennaise

Occupant une position stratégique au sein du département du Calvados, la métropole caennaise possède les caractéristiques communes à l’ensemble des territoires périurbains, mais également des révélateurs qui lui sont propres en lien avec son histoire, sa géographie et son évolution sociétale locale tels qu’une trame communale fine, un fort potentiel agricole, des paysages de plaine, un réseau viaire important, des bourgs issus de la reconstruction et la proximité du littoral. Aujourd’hui, les espaces périurbains anciens structurent de micro-polarités alors qu’une nouvelle génération d’espaces, plus diffus, est organisée de manière moins lisible. La pression foncière liée à ces pôles attracteurs fait varier les prix de l’immobilier entraînant une recomposition sociale des ménages accédant à la propriété. L'atelier a pour objectif de repenser l'avenir d'un territoire organisé et résilient :

  • Le renforcement l’action des SCoT : Structurer des territoires de projet capables d’agir sur leur développement, en adaptant les périmètres intercommunaux et en instaurant une gouvernance efficace.
  • La fédération des acteurs autour des centralités : Créer une vision commune pour requalifier les centres-bourgs et mieux intégrer les bailleurs sociaux dans la dynamique territoriale.
  • L'équilibre de l’offre territoriale : Organiser de manière viable commerces, logements et services entre villes-centres, polarités intermédiaires et bourgs.
  • La création d'une boîte à outils intégrée : Articuler les politiques publiques de façon globale, en combinant documents-cadres et outils opérationnels.
  • L'innovation dans la planification : Associer avec agilité SCoT, PLU/PLUi, PLH, OPAH et PCAET à des projets concrets, en renouvelant les méthodes de travail des collectivités et de l’État.

En savoir plus sur l'atelier

La communauté de Communes Bassée-Montois

La Communauté de Communes Bassée-Montois est située à la périphérie orientale de l'Île-de-France, au Sud-Est de la Seine-et-Marne (77). Le territoire est reconnu par la présence de vallée de la Seine, la Bassée, qui concentre des enjeux non seulement environnementaux et paysagers (biodiversité et zone humide, ressource en eau potable), mais également des enjeux économiques liés à l’exploitation de granulats qui bénéficie à toute l'agglomération parisienne. La gestion des barrages présents sur le territoire permet de préserver l’agglomération en cas de crue de la Seine, le territoire assure ainsi une solidarité à l’échelle régionale.
 

Le Bassée-Montois est également un territoire d’expérimentation avec la volonté de la profession agricole, en liaison avec l’EPTB2 Seine Grands Lacs, un mécanisme d’indemnisation des agriculteurs impactés par les inondations. Le caractère « périurbain » de ce territoire s’exprime ainsi par son positionnement en tant que pourvoyeur d’emplois et de ressources pour la métropole parisienne d’une part, et en tant que territoire périurbain des villes limitrophes pourvoyeuses d’emploi d’autre part. Aujourd’hui, le territoire du Bassée-Montois doit anticiper la reconversion de son économie locale marquée par l’exploitation des carrières. À cela s’ajoutent des problématiques de services à la population en dessous du niveau du reste du département, une faible qualification des actifs et des enjeux importants de redynamisation des deux bourgs de Bray-sur-Seine et de Donnemarie-Dontilly.

L’Atelier a formulé plusieurs objectifs visant à concilier préservation et développement. Pour y parvenir, une vision stratégique du territoire est indispensable : elle doit guider sa transformation, tant dans ses usages actuels que futurs, par des orientations précises :

  • Un projet global pour le vivre-ensemble : Dépasser les clivages (comme celui entre Bassée et Montois) à l’échelle de l’intercommunalité, malgré une dynamique déjà ancienne.
  • Un renforcement de la résilience : Doter le territoire d’une capacité à anticiper les changements grâce à une approche prospective.
  • Une mobilisation des acteurs locaux : Impliquer habitants et acteurs dans une démarche participative pour définir des objectifs communs, sensibiliser aux enjeux, et co-construire des solutions partagées.
  • Une prise en compte les liens avec les périphéries : Bien que les enjeux environnementaux et économiques soient locaux, le territoire dépend fortement des pôles voisins (Montereau-Fault-Yonne, Provins, Nogent-sur-Seine) et des départements limitrophes pour son fonctionnement urbain et économique.

En savoir plus sur l'atelier

L'agglomération troyenne

L’agglomération troyenne, au croisement d’importants flux de circulations et sous l’influence francilienne, dispose d’un fort potentiel économique, orienté vers l’activité tertiaire. Ce territoire à dominante agricole, traversé par la vallée de la Seine, dispose d’un patrimoine architectural et naturel important et reconnu. Marqué par la périurbanisation ces 15 dernières années, son développement s’est fait selon une figure concentrique marquée par un cœur d’agglomération soumis à un phénomène d’évasion résidentielle sensible, couplé à des couronnes périurbaines et rurales dynamiques en matière de croissance et d’accueil de population.

L’Atelier s’articule autour de deux enjeux majeurs :

  • Finaliser la stratégie territoriale : Il s’agit d’adopter définitivement la stratégie de développement territorial déjà arrêtée dans le SCot en vigueur, dont la révision est prévue pour la fin de l’année 2017.
  • Sensibiliser et anticiper : Un exercice de sensibilisation est nécessaire pour faire prendre conscience des défis liés à la périurbanisation, ainsi que des adaptations indispensables face aux changements climatiques et aux évolutions législatives et réglementaires, notamment en matière de développement durable des territoires.

Ainsi trois objectifs initiaux guident cette démarche :

  • Cohérence spatiale : Faciliter la mise en œuvre d’une politique d’organisation des espaces qui soit cohérente entre l’urbain, le périurbain et les franges rurales de ce nouveau périmètre élargi.
  • Renforcement territorial : Renforcer l’armature territoriale pour structurer et équilibrer le développement du territoire.
  • Préservation environnementale : Préserver la variété et la richesse des espaces naturels, assurant ainsi un équilibre entre développement et respect de l’environnement.

En savoir plus sur l'atelier

Capitalisation nationale

Parution de l'ouvrage Mieux vivre ensemble dans le périurbain

Les enseignements issus de l’Atelier des territoires 2016-2018 sont à retrouver dans l’ouvrage Le périurbain, espace à vivre publié aux éditions Parenthèses. Avec cette session conçue par la DGALN en partenariat avec le CGET, l’intention a été d’aborder le périurbain de manière ouverte sans l’assimiler à l’étalement ou un moteur d’artificialisation des sols qu’il s’agirait d’emblée de stopper. D’où une approche par le « mieux-vivre ensemble » qui permet de considérer les questions de cohésion territoriale, d’urbanisme et de qualité du cadre de vie. Cet ouvrage collectif rassemble des contributions d’urbanistes, scientifiques, élus, agents de l’État, socio-professionnels, étudiants et habitant. Un « Bouger les lignes » propose des évolutions de posture, de doctrine voire de réglementation et le recours à des expérimentations pour agir plus efficacement en considérant que le périurbain est aussi un espace de projet.

   
Image
 À partir des retours de terrain, un groupe d’experts a formulé des enseignements et des recommandations, remettant en cause certaines idées reçues. 
L’ouvrage évoqué propose une synthèse de ces regards croisés (praticiens, chercheurs, citoyens) pour repenser les périphéries urbaines et accélérer 
les transitions positives déjà en cours dans certains territoires pionniers.
   

Le terme "périurbain" s’est imposé dans les années 1970-1980 pour décrire les espaces ruraux progressivement urbanisés sous l’effet de l’étalement des villes. Ces zones sont souvent critiquées pour leur consommation de terres agricoles, la qualité médiocre des constructions pavillonnaires, la dépendance à la voiture, et un mode de vie perçu comme individualiste. Malgré ces reproches, les Français restent attachés à ce cadre de vie, tout en continuant à dépendre des villes pour le travail, les services et les loisirs.

Une rencontre nationale

Le 20 novembre 2018, s’est tenue la Rencontre nationale qui marquait la clôture de la session 2016-2018 de l’Atelier des territoires consacrée au « Mieux vivre ensemble dans le périurbain ». Cet événement s’est déroulé à la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) devant plus de 150 participants.

La Rencontre a permis de réunir les principaux acteurs de la session : élus locaux, agents des services centraux de la DGALN et du CGET, des services déconcentrés de l’État (DDT, DREAL), équipes pluridisciplinaires, experts et chercheurs mobilisés, socio-professionnels et habitants qui, pour la première fois, ont été associés à une session de l’Atelier des territoires. Plus largement, la Rencontre a associé de nombreux acteurs qui expérimentent des approches innovantes dans les politiques publiques d’aménagement et d’urbanisme.

La production de l’Atelier a été présentée au cours de cette journée et mise en débat lors des différentes tables rondes par les équipes projets elles-mêmes, les élus et les experts et chercheurs mobilisés au niveau national par la DGALN pour aider à qualifier des enseignements et propositions plus généraux.

Pour aller plus loin

Le Lab périurbain est une plateforme publique lancée en juillet 2016 par le ministère de l’Aménagement du Territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales et portée par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET).

Il répond à un enjeu de réévaluation et de mise en mouvement des espaces périurbains français, fréquemment déconsidérés dans les représentations communes, et peu pris en compte par les politiques publiques, et envisage ces territoires comme des lieux potentiels de ressources, d’expression citoyenne et d’invention. Le Lab périurbain ambitionne de mettre en valeur la capacité innovante des territoires et acteurs du périurbain, de faire entendre la parole des habitants en donnant de la visibilité à ces territoires, de soutenir le passage à la mise en œuvre concrète des projets en encourageant les liens entre territoires urbains et périurbains et de promouvoir une architecture et un urbanisme de qualité. Le Lab Périurbain propose par ailleurs une série de définitions, de cartes et d’ouvrages documentant et mettant en perspective les enjeux que soulève la périurbanisation.

Réalisé par le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD), ce rapport propose une réflexion sur les territoires périurbains, leur aménagement et les politiques publiques qui doivent les accompagner.

Celui-ci dresse un état des lieux des différents travaux relatifs aux territoires périurbains et émet un certain nombre de propositions pour répondre aux défis que soulève l’avenir de ces territoires. La ministre a salué la publication de ce rapport qui contribue à porter un nouveau regard sur ces espaces où vivent aujourd’hui près d’un tiers des Français.
Un certain nombre de propositions stratégiques ont été émises dans les champs de la protection et la requalification du paysage, des nouvelles formes de sociabilité ou encore de l’urbanisme de faible densité.

La mission sur l’aménagement dans les territoires ruraux et périurbains a été mise en place à la suite du Comité Interministériel aux ruralités du 13 mars 2015. L’objectif est d’engager une réflexion sur ces territoires pour répondre aux enjeux d’avenir qui sont les leurs. Elle intervient après la remise du rapport « Requalifier les campagnes urbaines de France : une stratégie pour la gestion des franges et des territoires périurbains » par le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD), le 8 septembre dernier.

Frédéric Bonnet, Grand Prix de l’urbanisme 2014, a remis jeudi 7 janvier 2016 son rapport à Sylvia Pinel. Il s’est appuyé sur de très nombreuses contributions d’acteurs qui agissent sur ces territoires afin de produire une réflexion et des préconisations qui traduisent très concrètement les dynamiques et les problématiques issues du terrain.

Exemples inspirants