Un nouvel horizon pour le cours de la Beaume traversant Rozières et Joyeuse

Emplacement Rozières et Joyeuse, Ardèche, Auvergne-Rhône-Alpes

Partager la page

Carte d'identité du projet

Format d'atelier :
Atelier Flash
Année :
2025
Territoire bénéficiaire :
Rozières et Joyeuse

Informations complémentaires :

Caractéristiques du projet :

Maîtrise d’ouvrage :
DDT 07, Commune de Rosières et Joyeuse
Assistance à maîtrise d’ouvrage :
POLAU - Pôle Arts & Urbanisme

Le territoire et le périmètre de réflexion

La Beaume, un cours d’eau dans un bassin versant structurant

Les communes de Rosières et de Joyeuse sont situées dans le bassin versant de la rivière Beaume, au sein du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche. Son paysage est marqué par une forte présence de l’eau, avec un réseau hydrographique structurant et des espaces naturels caractéristiques des fonds de vallées ardéchois. La Beaume, rivière emblématique du territoire, façonne les usages locaux et l’identité paysagère de la commune. Elle constitue un corridor écologique d’importance, mais dont la continuité est interrompue par plusieurs seuils, dont celui de Rosières. Les communes forment un territoire lié à la Beaume, dont elles partagent la géographie, l’histoire et les usages. Ce lien particulier façonne une identité commune, marquée par un équilibre fragile entre la préservation des milieux naturels et la permanence d’usages humains anciens et actuels.

Deux communes rurales attractives

Le Plan de Paysage des Monts d’Ardèche souligne l’évolution constante des paysages fluviaux du bassin de la Beaume, façonnés à la fois par les dynamiques naturelles (crues, assecs, érosion) et par des interventions humaines parfois anciennes (seuils, canaux, prises d’eau). Aujourd’hui, la rivière reste un espace de vie, de loisirs et d’économie, concentrant de fortes pressions, notamment en saison estivale où la baignade et la fréquentation touristique deviennent des enjeux de gestion majeurs. Plus d’une quinzaine de campings proposent une offre touristique dense en saison, tirant parti de l’attractivité des affleurements rocheux qui deviennent des espaces de baignade, de passage, de rencontre. Ce site prend parfois les contours d’un espace public informel, partagé et animé, sorte de commun qui fédère habitant·es et saisonnier·es. L’effacement du seuil de la Tourasse entre Rosières et Joyeuse, loin d'être un simple dossier technique, s'est affirmé comme un enjeu identitaire pour les riverains. Même si l’objectif est de parvenir à une visée opérationnelle qui définisse la nature précise des aménagements futurs, la maîtrise d'ouvrage, le financement, l’impact de ce projet de reconfiguration dépasse largement le lit de la rivière. Il a vocation à imprégner l’ensemble du territoire de Rosières et Joyeuse.

Illustration
© POLAU Etude des enjeux sur le terrain

La ou les problématiques

Comment aménager le seuil de la Tourasse avec comme objectif la restauration de la continuité écologique ?
> en conservant le corps de l’ouvrage
> en considérant que le canal n’est plus alimenté de juin à septembre
> en évitant des dispositifs techniques non “souples”
> 687L/s (eau à donner à la rivière) + circulation sédimentaire et piscicole

Illustration
© POLAU Illustration montrant le seuil entre le patrimoine bâti et le vivant

Les enjeux et leviers de l'Atelier

L’ambition a été d’aboutir à un scénario d’aménagement, conciliant les exigences légales, les enjeux écologiques et les attentes des usagers et acteurs locaux

  • En se tournant vers l’avenir
  • En s’inscrivant sur le cadre réglementaire et juridique
  • En s’appuyant sur les éléments de convergences

Composer à partir des interdépendances : paysage bâti et patrimoine naturel

  • Qualité et quantité d’eau, biodiversité, économie(s) locale(s)
  • Créer les conditions du dialogue entre les différentes parties prenantes
  • Identifier un socle commun de diagnostic partagé entre les acteurs
  • Clarifier les scénarios envisageables, leurs implications et les mettre en travail dans une visée opérationnelle
  • Permettre la prise de recul collective pour l’écriture d’un récit commun, élargir le débat (échelle territoriale, gestion de la ressource en eau, paysage, tourisme…)
  • Écrire collectivement une feuille de route pour l’évolution du seuil de la Tourasse (gouvernance, financements, calendrier…)
  • Aborder les responsabilités et les rôles pendant et après (gestion) l’aménagement du seuil
Illustration
© POLAU Vision Rozières

Les actions à engager

  • Préserver les économies locales : agriculture, tourisme, activités de pleine nature est essentiel pour la vitalité du territoire. Ces secteurs dépendent de la qualité de l’eau et des milieux naturels. L’agriculture requiert un système d’irrigation fonctionnel, tandis que le tourisme s’appuie sur des sites naturels préservés. Les actions à venir devront maintenir cet équilibre entre préservation écologique et durabilité des activités humaines, au service des habitants comme des visiteurs.
  • La vallée de la Beaume abrite une diversité d’habitats bien identifiés par les services de protection de la biodiversité, qui œuvrent à la préservation des espèces et à la mise en œuvre d’aménagements les moins impactants possibles, tout en respectant les mémoires locales. Certaines espèces, comme le castor, témoignent d’une capacité d’adaptation : migrer un peu plus loin ne signifie pas nécessairement disparaître. À cet égard, la disparition d’un plan d’eau modifie des équilibres mais ne rompt pas forcément la présence du vivant. Le scénario hybride montre comment des critères d’aménagement relevant de l’anthropique peuvent s’articuler avec les dynamiques naturelles de la Beaume : transferts de sédiments, crues, flux saisonniers.
  • Transformer une situation difficile en opportunité de territoire. La question de la continuité écologique ne concerne pas que la Beaume. Elle est une figure globale et devient un levier pour achever d'autres politiques publiques : l'agriculture, le tourisme y compris l'écotourisme, la pédagogie, jusqu’à l'identité contemporaine du territoire de demain. Après bientôt dix années de luttes et de controverses, ce projet représente une opportunité unique de transformer les conflits passés en un moteur de développement intégré et en une source d'inspiration pour d'autres. C'est en agissant sur la rivière que le territoire tout entier se réinvente. De plus, la conflictualité locale liée seuil de la Tourasse représente potentiellement un cas d’école pour d'autres territoires confrontés aux mêmes questions de restauration de continuité écologique.
Illustration
© POLAU Points de repères
Contact

Si vous souhaitez consulter le livrable complet de cet Atelier, n'hésitez pas à nous contacter à l'adresse suivante :

atelier-des-territoires.ad1.dhup.dgaln@developpement-durable.gouv.fr